La reprise - Jean-Baptiste Renaudie

Quitter la moquette épaisse et le milieu feutré du conseil parisien pour l'âpreté du monde du bâtiment et une menuiserie de 10 personnes en province fut sans aucun doute le choix professionnel le plus fort que j'ai fait à l'orée de mes 40 ans.

Depuis 5 ans j'emprunte pas à pas un chemin sinueux d'apprentissage, de découverte et d'humilité, car si les succes story de quelques uns sont bien médiatisées, le quotidien de la plupart des entrepreneurs / repreneurs est malheureusement méconnu.

Apprentissage, car je n'étais pas préparé et que nous ne sommes globalement pas préparés. Les bancs des grandes écoles de commerce ont un prisme dans leur enseignement, et créent plus de super administratif que d'opérationnel de terrain. C'est en tout ça ce qu'ils avaient fait de moi.

Découverte, car la France ne vit pas que de ses grandes organisations. Un tissu local (trop silencieux) de petites structures maille notre territoire et réalisent un travail important et mal valorisé. Ce sont des hommes et des femmes qui s'expriment peu, des outils de production souvent en bordure de grandes agglomérations que l'on ne soupçonne pas si on ne fait pas l'effort de s'y arrêter.

Humilité, car le passage du business plan à la réalité est et restera quoi qu'il arrive un exercice difficile. Oui il y a cette crise économique qui dure et dont on ne sort pas, oui l'instabilité politique est le poison des TPE/PME mais il faut trouver des solutions. La question est donc de savoir comment aider les PME d'aujourd'hui, comment s'assurer que d'autres voudront encore relever le défi demain, et les accompagner au mieux.

Quant à nous, où cela nous mènera (car nous sommes deux, en association, et cela est fondamental pour affronter les défis évoqués), je ne sais pas, mais nous avons pour l'instant choisi de poursuivre le combat

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