Chercher l’équilibre - Philippe Marillaud
À la tête de Votat, je ne me reconnais ni dans la figure du patron tout-puissant, ni dans celle de l’entrepreneur starisé. Mon quotidien est beaucoup plus simple, plus exigeant aussi : faire tourner une entreprise, créer de la valeur durable et assumer, chaque jour, la responsabilité humaine qui va avec.
Concilier efficacité économique et progrès social n’est pas pour moi un slogan, encore moins une posture idéologique. C’est une nécessité très concrète. Une PME n’a pas le luxe de l’abstraction : si elle ne crée pas de richesse, elle disparaît ; si elle néglige les femmes et les hommes qui la composent, elle se fragilise tout autant. Chez Votat, depuis 1876, la performance n’est jamais pensée contre le social, mais avec lui. L’engagement, la confiance, la transmission des compétences et le respect du travail bien fait sont des leviers économiques autant que des valeurs humaines.
Être dirigeant de PME, c’est aussi être profondément ancré dans un territoire. On ne délocalise pas ses responsabilités. Les décisions prises ont un impact immédiat sur des emplois, des familles, un écosystème local. Cette proximité oblige à une forme de lucidité et d’humilité : on ne dirige pas « contre » la société, on dirige dans la société.
La majorité des dirigeants de PME ne cherchent ni la rente ni la domination, mais l’équilibre. Équilibre entre viabilité économique et justice sociale, entre innovation et transmission, entre ambition et sens. Cette voie est discrète, parfois invisible, mais elle est réelle, praticable et déjà à l’œuvre.
Si les PME sortaient davantage de l’ombre, si leur réalité était mieux comprise et reconnue, elles pourraient jouer un rôle central dans la réconciliation entre la question sociale et la question productive. La voie des PME n’est pas seulement un constat : c’est une invitation à regarder enfin là où se construit, au quotidien, une économie plus humaine et plus responsable.